Haut-Uele : Et si on arrêtait de classer pour mieux regarder ? (Tribune de Antoine MunguEtsoni)

Parfois, il suffit d’une phrase lancée à la volée pour que l’on tente de noircir tout un effort collectif. C’est ce qu’a fait récemment M. Balthazar Anga, en affirmant que le Haut-Uele aurait été classé 23ᵉ sur 26 provinces lors de la conférence des gouverneurs à Kolwezi. Une déclaration vite relayée, mais totalement infondée : aucun classement officiel n’a été établi à cette occasion.

Pire encore, ce prétendu sondage n’est rien d’autre qu’un mensonge cousu de fil blanc, fabriqué et diffusé par les ennemis de la République qui voient d’un mauvais œil la montée en puissance d’une province autrefois oubliée. Leur objectif est clair : semer la confusion, déstabiliser et discréditer l’élan de transformation en cours dans le Haut-Uele.

Et même s’il y en avait eu un, que signifierait vraiment un tel chiffre, déconnecté des réalités vécues par les populations ? Faut-il rappeler que par le passé, sous l’ère Baseane Nangaa, le Haut-Uele était soi-disant troisième, selon des canaux douteux — pendant que les routes se désintégraient, les ponts cédaient, et que l’aéroport Matari était une simple piste à l’abandon ?

Le contraste aujourd’hui est saisissant. On ne parle plus d’apparences, mais d’actions visibles et concrètes. Les ponts de Bomokandi et de Kibali sont fonctionnels, la route Isiro–Watsa est fluide, l’aéroport d’Isiro-Matari est en pleine réhabilitation, les travaux sur les axes Aba–Faradje et Faradje–Dungu progressent, et même la voirie urbaine d’Isiro prend forme.

Au-delà des chantiers, le travail du Gouverneur Jean Bakomito Gambu est respecté bien au-delà des frontières provinciales. Ses homologues gouverneurs et plusieurs présidents d’assemblées provinciales saluent son leadership, en particulier pour les avancées dans l’asphaltage des routes et la relance de l’agriculture, devenue une priorité stratégique du gouvernement provincial. À ce titre, plusieurs gouverneurs d’autres provinces ont exprimé leur intérêt de visiter le Haut-Uele, dans le but de s’inspirer de son expérience et de nouer des partenariats autour du développement du secteur agricole.

Alors non, Jean Bakomito Gambu n’a peut-être pas décroché un classement flatteur dans un tableau fantôme. Mais il offre aux habitants du Haut-Uele une réalité tangible : une province qui sort de l’isolement, qui bâtit, qui soigne, qui éduque, qui avance.

À un moment, il faudra cesser de mesurer le développement à travers des chiffres sortis de nulle part. Ce n’est pas un rang qu’on mange ou qu’on emprunte pour aller à l’hôpital. Ce sont des ponts solides, des routes praticables, des écoles debout et des hôpitaux accessibles.

Le Haut-Uele n’a peut-être pas acheté les faveurs des lobbyistes, mais il reconstruit sa dignité par le travail, l’innovation et la rigueur. Et c’est cela, la vraie réussite. Sans plus !

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