Kinshasa : vernissage de l’ouvrage « L’ombre du Pape Léon XIV en RD. Congo », une interpellation à vivre ensemble et à l’humilité
La ville de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, a accueilli le vendredi 5 juin 2026 une cérémonie haute en couleur consacrée au vernissage de l’ouvrage intitulé « L’ombre du Pape Léon XIV en RD Congo : Faits – Témoignages – Images ».
Cette cérémonie, d’une importance religieuse, historique et scientifique majeure, s’est tenue dans l’enceinte de l’Université Saint Augustin de Kinshasa, sous la présidence du cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa.
L’ouvrage, à la couverture blanche et peu rouge vers le bas, a été dirigé par le professeur Macaire Eyupar et le Chef de Travaux Michel Buassa, avec l’appui de l’Ordre de Saint Augustin (OSA) – RDC. Il retrace, à travers des faits, des témoignages et des images, les liens profonds et la connaissance que le Pape Léon XIV entretient avec la République Démocratique du Congo, notamment dans plusieurs villages des provinces du Haut-Uele et du Bas-Uele, dans le nord-est du pays, où les Augustins œuvrent depuis des décennies.
« L’ouvrage publié aujourd’hui retrace justement cette partie de l’histoire de sa vie et de son ministère. Nous sommes ici pour lui rendre hommage pour tout ce qu’il a accompli durant cette période », a déclaré le cardinal Fridolin Ambongo.
De son côté, le Révérend Père Blaise Mbikoyesu Mersi, prêtre de l’Ordre de Saint Augustin, a souligné que ce livre exprime le lien et l’humilité dont a fait preuve le Pape Léon XIV lors de sa mission en RDC comme le superviseur général de cette congrégation religieuse, un modèle pour tous.
« Le Pape Léon XIV est issu de l’Ordre de Saint Augustin ; il est notre confrère. Il a visité le Congo à quatre reprises: à Kinshasa et à l’intérieur du pays, dans le Haut-Uele et le Bas-Uele. Lorsqu’il est devenu pape le 8 mai 2025, nous nous sommes demandé comment faire savoir au monde qu’il est passé par ici et qu’il a un lien fort avec le peuple congolais. Nous avons donc décidé de documenter les faits, les témoignages et les images de son passage, pour montrer aux Congolais qu’il est un frère, qu’il nous connaît, qu’il a partagé notre quotidien et mangé ce que nous mangeons », a-t-il expliqué.

Le Père Blaise a également évoqué l’importance du travail pour la paix dans le monde, appelant à dépasser les divisions et à construire ensemble un avenir meilleur.
« Il œuvre pour la paix dans le monde. Il nous invite à laisser de côté tout ce qui nous divise, tout ce qui nous tiraille, la quête du pouvoir et le reste, pour nous mettre ensemble et construire le monde », a-t-il ajouté.
Évoquant l’expérience du Pape en Afrique, alors qu’il était étranger, le Père Blaise a appelé à une attention particulière envers toute personne rencontrée sur notre chemin.
« Il faut savoir vivre avec les autres dans la flexibilité. Mais aussi dans la simplicité. Car malgré son statut, le Pape est entré dans la vie des plus pauvres. Même ici à Kinshasa, où chacun cherche à paraître grand, à se faire président, on peut choisir de se faire petit au service des autres. »
Le Chef de Travaux Michel Buassa, co-auteur de l’ouvrage, estime que ce livre constitue non seulement un outil de réflexion, mais lance aussi un défi majeur au monde et à l’Église universelle, à l’heure où le Congo fait face à de nombreux défis.
« L’ouvrage propose des réflexions sur le passage de l’actuel Pape en RDC. Nous avons mené une réflexion sur la rencontre avec l’inconnu. Quelle attitude adopter face à une personne que l’on rencontre de façon inattendue ? Comment gérer le temps présent, ce temps précieux, alors que l’on ignore qui est celui ou celle que l’on a en face de soi ? Nous avons également voulu rendre compte du ressenti des Congolais à la suite de l’élection du Pape Léon XIV, ancien Général de l’Ordre de Saint Augustin », a-t-il précisé.
Pour lui, cet ouvrage est aussi l’occasion pour le peuple congolais de lancer un défi à l’Église : « Comment se dire enfants de Dieu quand on est chosifié, exposé quotidiennement à la souffrance ? » a-t-il conclu.
Pierre Mungu