Haut-Uele : naufrage des jeunes à Dungu, Me Pierre Mungu appelle à l’encadrement professionnel des jeunes et plaide pour l’assistance des familles éprouvées
Le territoire de Dungu est sous le choc depuis le samedi 08 août 2026, suite au naufrage d’une dizaine de jeunes sur la rivière Kibali, alors qu’ils participaient à une activité minière dans cette partie de la province du Haut-Uele, au nord-est de la République Démocratique du Congo.
Les cœurs des leaders communautaires et des membres des familles touchées par cette tragédie saignent face à cet événement. C’est le cas de Me Pierre Mungu Guma, un jeune leader de la région.
Se prononçant sur cette situation, il se dit profondément affecté par ces disparitions de jeunes qui auraient pu être des acteurs clés pour l’avenir du Congo. Pour lui, il est impératif que l’État congolais prenne ses responsabilités en créant des emplois durables et en mettant en place un encadrement adéquat pour la jeunesse.
« Notre territoire de Dungu est composé en majorité de jeunes qui, malheureusement, sont désœuvrés et non encadrés. Face à la précarité dans la région, ils sont obligés de se prendre en charge sans aucun encadrement, et voilà les conséquences. Aujourd’hui, nous avons des jeunes qui font des taxis sans aucune formation. Conséquence : nous assistons à des accidents répétitifs mortels même. Certains partent dans les mines pour chercher les moyens de subvenir à leurs besoins, mais malheureusement, voilà ce que nous récoltons. L’État congolais doit donc prendre au sérieux l’encadrement professionnel des jeunes. Ils doivent avoir accès à des opportunités professionnelles qui leur permettent de vivre dignement sans risquer leur vie dans des conditions dangereuses », a-t-il insisté.
Ce jeune juriste a également insisté sur le respect du code minier et de tous les autres instruments juridiques relatifs à l’exploitation minière afin d’assurer la sécurité des travailleurs et de prévenir de tels accidents.
Me Pierre a, en fin de propos, présenté ses condoléances les plus attristées à toute la communauté, et plus particulièrement aux familles des victimes. Il a lancé un appel de soutien aux familles des victimes.
« Nous lançons également un appel de soutien au gouvernement, en particulier au gouvernement provincial, pour qu’il assiste les familles des victimes face à cette situation. » conclut-il.
Pour rappel, un groupe de jeunes transportés à bord d’un hors-bord s’est chaviré le samedi dernier alors qu’ils travaillaient sur une drague et qu’ils devaient se rendre à leur lieu d’habitation, situé à 33 kilomètres au sud-est de Dungu. Malheureusement, leur embarcation a été interceptée par une corde (marque Perlon) tendue à travers la rivière, destinée à bloquer la drague en cas de problème. Le hors-bord, dont l’hélice a été immobilisée par ce câble, a chaviré, entraînant la chute des occupants dans l’eau.
Le bilan provisoire fait état de 10 jeunes disparus, dont l’âge est préoccupant. Le quartier Bamokandi, l’un des trois quartiers de Dungu, est particulièrement touché, avec au moins huit jeunes portés disparus, tous voisins vivant à proximité. La situation est d’autant plus préoccupante.
Signalons que quelques corps ont été retrouvés dans la soirée du lundi 10 août 2026 ; ils ont été acheminés à Dungu où ils ont été inhumés sous une forte émotion.
Emmanuel Gimiko
