Le 5 mars 2008 naissait, au cœur de Dungu, une voix fragile mais déterminée : la Radio Communautaire BOMOKO. Dix-huit ans plus tard, cette voix n’a jamais cessé de vibrer, malgré les silences imposés par les catastrophes, les coupures d’énergie et les épreuves de la vie. Elle est devenue une véritable lumière dans l’obscurité, un fil qui relie les habitants de Dungu entre eux et au monde.
La RCB, première station FM moderne du territoire de Dungu, située au Nord Est de la République Démocratique du Congo, province du Haut-Uele, quartier Uye, avenue Nambia, elle n’est pas qu’une radio : elle est une mémoire vivante, un refuge, une école, un lieu de rassemblement. Chaque émission, chaque bulletin, chaque chanson diffusée est une preuve que la communauté refuse de se taire.
Son histoire est portée par des visages et des cœurs :
- Christophe Lapkioko, directeur et Ir André le technicien en chef, pionniers courageux, qui ont lancé la radio dans un contexte marqué par les catastrophes naturelles.
- Jacques Dussa, figure marquante, qui a redonné souffle à la station en 2012 avec une équipe soudée et l’animateur PAKAPAKA la plus emblématique.
- Wayway Lebon, qui a poursuivi la mission entre 2017 et 2021.
- Et aujourd’hui, l’ingénieur André Bagine, directeur actuel, fidèle à la radio depuis sa création, témoin et acteur de toutes ses batailles.
Malgré les nuits sans carburant, les jours sans courant, et l’attente d’un pylône ou de batteries, la RCB continue de parler, de former, d’informer et de divertir. Elle est la preuve que la résilience n’est pas un mot abstrait : c’est une réalité vécue par des journalistes, des animateurs, des bénévoles, et par toute une communauté qui refuse de laisser mourir sa voix.
À l’occasion de ce 18e anniversaire, la RCB lance un appel vibrant : chaque geste compte. Un litre de carburant, un soutien matériel ou financier, une main tendue… tout cela peut prolonger la vie de cette radio qui est bien plus qu’un média : elle est le cœur battant de Dungu.
Ce qui émeut le plus, c’est la gratitude exprimée par les auditeurs : envers les anciens députés, les sociétés civiles, les partenaires locaux, mais surtout envers ces hommes et femmes qui, souvent dans l’ombre, font vivre la radio.
La RCB n’est plus mineure : à 18 ans, elle est adulte, forte, et consciente de sa mission. Elle nous rappelle que la communication est un droit, que l’information est une arme pacifique, et que la culture partagée est un ciment pour la communauté.
Aujourd’hui, Dungu célèbre non seulement une radio, mais une histoire de courage collectif. Et derrière chaque onde qui traverse l’air, il y a une promesse : tant que la RCB existe, la voix de Dungu ne s’éteindra jamais.
Etienne Mbupayifuyo.
