Haut-Uele : profanation des cimetières à Isiro, le Ministre Jean-Louis Paypay annonce des mesures sévères du gouvernement provincial face aux occupants illégaux

Le gouvernement provincial du Haut-Uele se positionne fermement contre ce qu’il considère comme une dérive choquante et illégale : l’occupation anarchique du cimetière de Pwame, situé en face de la paroisse Sainte-Anne dans la ville d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uele au nord-est de la République Démocratique du Congo.

Les autorités qualifient cette situation d’atteinte grave à la dignité humaine, portant atteinte au respect dû aux défunts et constituant une violation flagrante des Ordonnances Présidentielles du 20 février 1914 et du 4 septembre 1909, en particulier de leurs articles 4 et 20, qui condamnent fermement ces actes.

Dans sa récente décision, le ministre provincial de l’Aménagement du territoire, des Affaires foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Jean-Louis Paypay Gundo, a annoncé une mise en demeure sans appel.

« Tous les occupants illégaux de cet espace, ainsi que d’autres cimetières tels que ceux de Kinkole, Dingilipi, Doko à Durba et bien d’autres à travers la province, sont sommés de quitter les lieux sans délai », a-t-il précisé.

Cette déclaration a été faite le mercredi 22 avril 2026, à l’issue d’une mission d’inspection sur le site du cimetière de Pwame, dans le quartier Gossamu de la commune de Mendambo.

Accompagné du conservateur des titres immobiliers d’Isiro, Jean-Marie Djuna Benandikumuto, et de l’ingénieur Georges Kambale, chef de division du cadastre, le ministre a constaté une situation alarmante : près de 60 % du cimetière serait déjà occupé de manière illégale.

« Nous avons agi sur instruction du Gouverneur de province, Jean Bakomito, suite aux nombreuses plaintes de la population. Ce que nous avons vu sur le terrain dépasse l’entendement », a assuré le ministre, visiblement indigné par l’ampleur du phénomène.

Au cœur de cette problématique, des actes d’une gravité extrême sont constatés : destruction de tombes, profanation de sépultures, bris de croix et érection de constructions anarchiques. Des habitations, églises, commerces et même des structures sanitaires sont construites sur cet espace sacré, en mépris des lois en vigueur.

Pour les défenseurs des droits humains, ces pratiques ne constituent pas seulement des infractions pénales, mais désavouent également les valeurs culturelles et spirituelles qui fondent le respect dû aux défunts dans notre société.

La profanation des tombes, au-delà de sa dimension illégale, offense la mémoire collective et fragilise le lien social qui unit les vivants à leurs ancêtres.

Dans une déclaration ferme, Jean-Louis Paypay Gundo a rappelé que toutes les transactions foncières effectuées dans l’enceinte du cimetière sont nulles et sans effet.

« Peu importe l’identité des parties concernées, personne n’a le droit de disposer d’un espace funéraire. La loi est claire et elle sera appliquée avec toute la rigueur nécessaire », a-t-il affirmé.

Le ministre a également souligné les risques sanitaires majeurs engendrés par cette cohabitation forcée entre vivants et morts.

La réglementation impose une distance minimale de 100 mètres entre un cimetière et toute zone habitable, une exigence largement bafouée dans ce cas précis.

Au-delà des déguerpissements annoncés, le gouvernement provincial s’engage à engager des poursuites judiciaires contre tous les acteurs impliqués dans la vente frauduleuse de parcelles. Ces actions visent à s’attaquer à la racine d’un phénomène qui allie spéculation foncière et mépris des normes légales.

À travers ces mesures, les autorités du Haut-Uele aspirent à restaurer l’ordre et à réaffirmer un principe fondamental : le respect des morts est un marqueur essentiel de civilisation et un pilier de l’État de droit. Dans un contexte de pression foncière croissante, la protection des espaces funéraires apparaît plus que jamais comme une nécessité éthique, juridique et sociale.

Gabriel Giminyasi Izayo

Articles connexes