Après trois dĂ©cennies de son règne et son installation coutumière par la famille rĂ©gnante, le chef de la chefferie Wando dans le territoire de Dungu, province du Haut-Uele, Constant Lungagbe Mbatanadu a enfin reçu lundi, l’arrĂŞtĂ© de la reconnaissance de son autoritĂ© coutumière par le gouvernement congolais.
C’Ă©tait en marge d’une cĂ©rĂ©monie solennelle prĂ©sidĂ©e par le vice-ministre de l’intĂ©rieur chargĂ© des affaires coutumières, le Mwami Ndeze Katureze en prĂ©sence des Ă©lus nationaux, notabilitĂ©s du Haut-Uele, du gouverneur de province, des dĂ©lĂ©gations venues de la Tshopo et de la province sĹ“ur du Bas-Uele, des chefs coutumiers du ressort, des dĂ©lĂ©guĂ©s de la sociĂ©tĂ© civile, des membres du comitĂ© provincial de sĂ©curitĂ©, des Ă©lus provinciaux ainsi que d’autres officiels.C’est son reprĂ©sentant, le chef par intĂ©rim, Marc Gbiahidi qui a rĂ©ceptionnĂ© des mains propres de l’autoritĂ© venue de Kinshasa, cet acte juridique, marquant une sĂ©curitĂ© du pouvoir coutumier et la lĂ©gitimitĂ© du bĂ©nĂ©ficiaire.
Un grand motif de satisfaction et d’honneur pour l’Ă©missaire du grand chef Constant Lungagbe, exprimant toute sa gratitude Ă toutes les autoritĂ©s, du gouverneur Jean Bakomito au prĂ©sident de la RĂ©publique, FĂ©lix-Antoine Tshisekedi.
« Ça fait plus de 40 ans qu’il n’y a jamais eu un tel acte dans notre province. Sous la configuration de l’ancienne province orientale, seuls cinq chefs de chefferie ont Ă©tĂ© reconnus. C’est une première de par l’histoire, que des chefs de groupement en reçoivent pour leur reconnaissance», s’est-il enjaillĂ©.
Saisissant l’occasion, le chef Marc Gbiahidi, a Ă©galement formulĂ© le plaidoyer auprès du gouvernement congolais, de pouvoir penser Ă l’amĂ©lioration des conditions de travail et salariales des autoritĂ©s traditionnelles, surtout au niveau des groupements, qui rencontrent d’Ă©normes difficultĂ©s dans l’exercice de leur pouvoir. Cette autoritĂ© coutumière a par ailleurs mobilisĂ© la population de Wando autour de leur chef qui a Ă©tĂ© Ă©tablie selon la coutume avant d’ĂŞtre reconnu officiellement aujourd’hui par l’État, rappelant les incidents survenus face aux enjeux politiques lors des Ă©lections des gouverneurs, dont le chef Constant a Ă©tĂ© candidat au gouvernorat.
« La chefferie Wando c’est l’unique famille. Elle n’a pas de multiples subdivisions. C’est l’unique chef Ă la tĂŞte de la chefferie qui prĂ©side la famille rĂ©gnante de toute la chefferie. Chez nous il n’y a jamais eu un quelconque conflit de pouvoir, et notre chef a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© conformĂ©ment Ă la loi », a-t-il clarifiĂ©.
Le chef Marc Gbiahidi, a aussi, rassurĂ© la disponibilitĂ© de la chefferie Wando avec son chef et toute sa population de continuer Ă soutenir les autoritĂ©s publiques au regard de cet Ă©vĂ©nement lĂ©gendaire, afin de promouvoir la paix et la cohĂ©sion sociale. ClĂ´turant son intervention, l’autoritĂ© traditionnelle a appelĂ© les politiques Ă ne pas s’ingĂ©rer dans les affaires coutumières, car souligne-t-il, que cette interfĂ©rence politique, est Ă la base de plusieurs dĂ©saccords dans nos juridictions.
«Il y a cinq ans, dix ans passĂ©s, nous n’avons jamais connu de problèmes de conflits de pouvoir coutumier. Mais aujourd’hui, nous en avons connu Ă cause de la politique. La politique doit laisser la coutume fonctionner librement en conformitĂ© avec la loi», a-t-il conclu.
Rédaction.