Depuis le mois de décembre 2025, les enseignants de la sous-division de Dungu, dans la province éducationnelle Haut-Uele 2, vivent une situation alarmante et désespérante. Leur dernier salaire remonte à plus de cinq mois, laissant ces éducateurs dans l’incertitude et la précarité. Alors qu’ils étaient auparavant payés localement par IFOD en partenariat avec la Caritas du diocèse de Dungu-Doruma, ils seraient orientés vers la banque Equity BCDC, un nouveau partenaire dont les promesses se sont transformées en désillusions.
L’angoisse règne parmi les enseignants, qui ne voient aucun signe d’amélioration. Les promesses d’identification des enseignants, annoncées dès le début du mois de février, semblent s’éloigner comme un mirage. Cette opération essentielle, censée donner un nouvel élan à la situation, est perçue par beaucoup comme une avenue sans issue. Les enseignants sont laissés dans l’ignorance, priant pour que des solutions concrètes se manifestent.
Cette crise de paiement a des conséquences désastreuses sur le quotidien scolaire. Dans plusieurs établissements visités, l’enseignement est devenu sporadique et chaotique. Les enseignants, découragés et affamés, ne se présentent plus en classe que pour quelques heures, laissant les élèves dans l’incertitude et le désespoir.
« Les chefs d’établissement et les inspecteurs se retrouvent démunis face à cette situation. Comment peuvent-ils contrôler et motiver des enseignants qui peinent à subvenir à leurs besoins fondamentaux ?» Constate notre reporter sur terrain.
La qualité de l’éducation, déjà longtemps décriée dans cette région, est aujourd’hui mise à mal.
« Les élèves, qui méritent un enseignement de qualité, sont les premières victimes de cette crise. L’absence de rémunération régulière crée un climat d’angoisse et d’inquiétude qui nuit non seulement aux enseignants mais également à l’ensemble du système éducatif.» Reconnaît un enseignant qui a recueilli l’anonymat.
Le comité intersyndical, qui s’était engagé dans le processus comme le capitaine tenant le bâton vers la terre promise (bancarisation), qu’il estime comme solution adéquate, se voit maintenant au bord du naufrage et reste silencieux.
De l’autre côté,les élus locaux, autrefois impliqués dans la recherche de solutions à cette situation, se montrent également réservés malgré les promesses rassurantes tenues dans leurs récentes communications.
Deux dangers se présentent face à cette situation : le premier, celui de la qualité de l’enseignement, est déjà visible dans les écoles. Le deuxième danger est celui de craindre le retour des enseignants sans être payés après le congé de Pâques qui commence déjà ce samedi.
La grande question aujourd’hui est : la banquacarisation était-elle une solution au problème ? Ou bien Saint Pierre (IFOD) est-il tout simplement déshabillé pour habiller Saint Paul (Equity BCDC), qui sont tous deux de la même famille ?
Il est urgent que les autorités compétentes prennent conscience de l’ampleur de cette crise et agissent rapidement pour rétablir la situation. Les enseignants de Dungu méritent d’être rémunérés à la hauteur de leur engagement.
« Sans une intervention rapide et efficace, cette situation pourrait plonger davantage la sous-division de Dungu dans un cycle infernal de précarité et d’inefficacité éducative.» Lance cet enseignant .
La route vers le paradis éducatif semble aujourd’hui s’éloigner, laissant place à un véritable enfer pour ceux qui consacrent leur vie à l’éducation des générations futures.
Rédaction
