« Chaque fois, nos frères sont tués, assassinés, nos véhicules braqués, nos marchandises pillées. Jusqu’à quand devrons-nous continuer à subir ces atrocités ? » C’est le questionnement, mais aussi une grande lamentation de la communauté Yira, regroupant les filles et fils Nande vivant dans le territoire de Dungu,en province du Haut-Uele au nord-est de la République Démocratique du Congo.
Cette déclaration a été faite à l’occasion d’une célébration eucharistique le vendredi 31 juillet dernier, en mémoire de leur frère Richard Mohindo, chauffeur de profession, qui a été sauvagement assassiné par des hommes armés non identifiés à Mangango alors qu’il entreprenait un voyage le lundi 27 juillet dernier en provenance de Butembo, dans le Nord-Kivu, pour se rendre à Dungu.
Cette situation a profondément touché sa communauté vivant dans le Haut-Uele, qui appelle l’État congolais à veiller au respect et au bien-être des commerçants œuvrant dans cette région.
« Cela fait longtemps que nous perdons nos proches de manière tragique. Nous sommes tués sans relâche. Que l’État congolais puisse trouver des solutions pour notre sécurité », déclare Gédéon Shakoma lisant les biographies des défunts.
C’était également l’occasion de rendre hommage à leur frère Kakule, connu comme vendeur de carburant, qui est décédé des suites d’une maladie et a été inhumé à Nyanya, dans la province voisine.
En signe de solidarité et de mémoire envers les deux disparus, la communauté Yira a observé une journée de méditation et de recueillement. Une messe de requiem a été célébrée en mémoire des deux défunts par l’abbé curé de la paroisse Mater Admirabilis de Dungu-Centre, Jean-Médard Zibekpio, sur place à Dungu.

À travers cet appel, la communauté Yira rappelle aux dirigeants la nécessité d’une prise en charge sécuritaire responsable pour ses membres ainsi que pour leurs biens, favorisant ainsi le développement intégral du pays.
Emmanuel Mboligie
