Le 13 juin 2025, le monde a célébré la Journée mondiale de la Machine à Coudre, une journée dédiée à la reconnaissance du métier de la couture et à l’importance de cet artisanat dans le développement économique et social. À Dungu, dans la province du Haut-Uele au nord-est de la République Démocratique du Congo, cette célébration a eu lieu le samedi 14 juin, organisée par l’Association des Couturiers de Dungu et Niangara (ACDN), qui a profité de l’occasion pour interpeller les autorités sur les défis et opportunités liés à ce secteur vital.
Créée en janvier 2024, l’ACDN regroupe près de 80 couturiers et couturières passionnés, engagés dans la promotion et la professionnalisation de leur métier. Au cours de cette journée, les membres de l’association ont souligné le rôle crucial de la couture en tant que levier d’autonomisation, particulièrement pour les jeunes et les femmes dans les territoires de Dungu et Niangara.
Plusieurs activités ont marqué cette journée, dont une caravane motorisée le long de la cité de Dungu, qui s’est clôturée par une série d’allocutions et un partage fraternel entre les membres et les invités. Cette journée a été précédée par une conférence organisée par l’association pour sensibiliser ses membres aux valeurs professionnelles. Le premier thème développé par Maître Robert Assumani, avocat au barreau du Haut-Uele, a été axé sur les défis et perspectives de ce métier. Maître Pierre Mungu, défenseur judiciaire près le tribunal de grande instance du Haut-Uele, a quant à lui échangé sur la nécessité de capitaliser les revenus liés à la profession à travers une gestion financière responsable et intelligente.

Dans sa déclaration, l’ACDN a mis en lumière plusieurs défis majeurs auxquels sont confrontés les couturiers locaux. Parmi ceux-ci figurent le manque de formations qualifiantes, l’insuffisance d’équipements modernes, l’absence d’accompagnement institutionnel, ainsi que la faible reconnaissance du métier dans la société. De plus, la concurrence déloyale des produits importés représente un obstacle supplémentaire pour les artisans locaux.
Pour remédier à ces problématiques, l’ACDN a formulé plusieurs recommandations essentielles. L’association appelle notamment à la création de centres de formation professionnelle en couture, à la dotation des ateliers en matériel moderne, ainsi qu’à la facilitation de l’accès aux matières premières. De plus, elle insiste sur la nécessité de reconnaître juridiquement et institutionnellement les associations artisanales, tout en valorisant les créations locales à travers des foires, des défilés ou un label “Made in Haut-Uélé”. Enfin, l’ACDN plaide pour la mise en place d’un financement adapté aux artisans.
L’engagement de l’ACDN ne s’arrête pas là. L’association s’est également engagée à former ses membres, à promouvoir la culture textile congolaise et à contribuer activement au développement local. « Nous croyons que la couture est un métier d’avenir. Pour cela, elle mérite une reconnaissance officielle, un soutien concret et une modernisation continue », a déclaré un représentant de l’association lors de l’événement.
Cette journée a également été l’occasion pour les couturiers de Dungu et Niangara de se rassembler, d’échanger des idées et de célébrer leur passion commune pour la couture. Les participants ont exprimé leur détermination à faire de leur métier un véritable pilier du développement inclusif et durable dans leur région.
Un hommage a également été rendu à Maître Robert Assumani pour son accompagnement juridique dans l’obtention de certains documents juridiques relatifs à cette association, entre autres.
Rédaction