Dot chez les Azande : une femme leader de Dungu plaide pour une harmonisation conforme aux coutumes

La question de la dot au sein de la communauté zande continue d’alimenter les débats après un énième rappel au respect des principes coutumiers, lancé le weekend dernier lors de la célébration d’un mariage civil par le chef coutumier Marc Gbiahidi de la chefferie Wando, en territoire de Dungu, dans la province du Haut-Uele, au nord-est de la République Démocratique du Congo.

La récente analyse est celle de Madame Jeanine Gimiligu, une des femmes leaders de la communauté zande. Pour elle, il est grand temps qu’une attention particulière soit portée à cette situation où l’on observe un excès dans la fixation de la dot, au détriment des coutumes zande.

Selon elle, il est évident que les notables devraient s’asseoir autour d’une table, sous le leadership du chef de la chefferie, afin de fixer les modalités relatives à la dot.

Cela permettrait poursuit-elle, d’éviter les dérives actuelles qui nuisent aux mariages et aux jeunes, faute de moyens suffisants pour honorer la « liste » destinée au mariage.

« Nos chefs coutumiers, avec les autres sages, devraient se réunir pour discuter et établir par écrit une liste de la dot pour les filles zande. Qu’elles soient instruites ou non, toutes les filles zande doivent avoir une même référence coutumière. Toute personne qui irait à l’encontre de cette décision devrait être sanctionnée », plaide-t-elle.

Pour appuyer son argumentaire, elle cite les pratiques d’autres communautés où les exigences coutumières sont clairement définies.

« Chez les Logo, les conditions sont connues. Chez les Nande également, tout comme chez les Hema. Chez nous, il n’existe pas de référence fixe. Nous avons commencé à imiter d’autres tribus sans disposer de nos propres règles clairement établies », regrette-t-elle.

Selon elle, cette situation entraîne des exagérations lors des négociations et crée parfois un sentiment de malaise au sein même de la communauté zande.

« C’est une honte pour nous lorsque l’on nous demande combien vaut réellement la dot d’une fille zande. Certains parents exagèrent parce qu’il n’y a aucune précision. Même des questions importantes, comme les compensations liées à un enfant, deviennent des sources de conflits faute de règles claires », conclut-elle.

Au-delà des divergences, plusieurs observateurs estiment qu’une réflexion collective entre autorités coutumières, notables et représentants de la communauté pourrait permettre de préserver les valeurs ancestrales tout en adaptant la pratique de la dot aux réalités actuelles.

L’objectif serait de renforcer l’unité de la communauté zande, de limiter les abus et de faire de la dot un symbole de respect et d’alliance entre les familles, plutôt qu’une source de tensions.

Emmanuel Gimiko

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